Une séance téléphonique quotidienne. Habitude à la con. Un laisser-aller qui vaque à l’ennui. On dit des choses, on prononce des paroles, on répète les silences du jour au lendemain.
Les ça va qui vont pas, les ça va absurdes, les ça-va blasés, les ça-va désaxés.
Désœuvrement de la non-communication téléphonique.
La séance téléphonique est dans les mœurs de ces deux humains. Des traditions qu’ils trainent derrière eux avec une énorme remorque rouillée. Tradition peu antique liée à la portabilité du téléphone et du joignable all-over.
Le téléphone sonne comme un tranquillisant. Ça sonne, et rien que la voix de l’Autre au bout du bout du bout de plastique ovoïdal, on respire : relâchement du plexus, relaxation de la voix. Soulagement de la présence absence.
OUF…La solitude, la sournoise décampe vite-fait.
Dommage pour l’âme qui se nourrit de solitude.
Une séance téléphonique quotidienne. Pas d’effet voulu. C’est juste l’inverse de l’effet obtenu.
Ces humains font passer du temps.