Le sein est rouge écarlate. Sous mon bras droit, au niveau de l’aisselle, il y un champ de 8 cm x 8 cm dépourvu de peau. La chair est à vif. Ça me brûle affreusement. J’ai bel et bien mal.
Mais non, je n’ai rien le droit de dire, je ne peux pas parler, je ne peux pas me plaindre.
C’est le protocole. Et ça va passer avec le temps…me dit le radiothérapeute qui suit mon dossier.
Oui sans doute…
Avec ces médecins, le corps devient un vulgaire objet d’étude.
Je suis devenue un dossier en papier et sans couleur, sans odeur, sans forme, sans émotions, sans pensées.
Et il faut parler et parler pour combattre cette manière d’être, de faire devenue assez courante chez nombre de médecins en cancérologie.